Oh, quelle claque ! Ce livre m’a profondément bousculé dans ma manière chrétienne d’aborder la pauvreté. Corbett et Fikkert y montrent que la misère n’est pas d’abord un manque d’argent, mais une honte et un sentiment d'impuissance enracinés dans des relations brisées avec Dieu, soi-même, les autres et la création.
Ils dénoncent la tentation paternaliste de « faire pour » au lieu de « marcher avec », qui peuvent créer dépendance et renforcer l’infériorité ressentie.
ON y trouve à la fois une philosophie de la pauvreté et du service, mais aussi des pistes concrètes : distinguer secours, réhabilitation et développement, privilégier le développement communautaire basé sur les atouts locaux, et soutenir des initiatives de long terme plutôt que des actions éclairs valorisantes pour les Occidentaux. Même si certains critiques souhaiteraient une place plus forte à l’évangélisation explicite ou s’inquiètent d’un ton parfois trop centré sur le changement individuel, l’ensemble reste, à mes yeux, un ouvrage incontournable pour toute Église qui veut servir les pauvres sans leur nuire.